Lundi 9 janvier 2012
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Et plusieurs kilos repris. Et les hormones qui jouent avec mon moral comme un chat s’amuse à agacer une souris entre ses pattes. C’est vraiment dommage que pleurer ne fasse pas maigrir, je serais
toute mince !
J’ai pris conscience de quelque chose d’important cette dernière semaine : pas évident de se l’avouer et encore moins de trouver comment y remédier, mais je crois que j’aime souffrir. Du moins
que je fais tout pour.
Je m’explique. Si plein de petits bonheurs ou de trucs joyeux m’arrivent (des petites choses pas des grands tours de magie qui féérisent la vie), je vais les apprécier mais de suite après, je
vais me focaliser sur LE truc qui fait mal et le ressasser jusqu’à être dans un état catastrophique.
Un exemple type cette année, j’étais persuadée que j’allais passer une soirée d’anniversaire minable, comme tous les ans, sans aucun message chaleureux ou personne qui penserait à moi. J’ai
effectivement été bien seule ce soir-là, mais dans la journée j’ai reçu beaucoup de vœux, bien plus que d’habitude, et le soir on m’a livré le premier bouquet de fleurs de ma vie. Offert par un
homme j’entends. C’était bon d’ouvrir et de voir cette magnifique composition florale rien que pour moi? Sans compter le petit mot qui l’accompagnait : « auprès de toi… ».
Sauf que… sauf qu’il n’était pas auprès de moi, sauf que nous avons une relation suivie du type amant-ami mais que je ne suis pas la seule qu’il a et qu’il vient de passer dix jours auprès de
l’autre (sa préférée comme il l’a écrit une fois, et qu’il connait depuis bien plus longtemps que moi). J’aurai dû me concentrer sur cette délicate attention, sur tout ce qu’il a déjà pu faire
pour moi, ces petites choses qui, l’air de rien, sont sa façon de me dire qu’il tient à moi, même si ce n’est pas comme je le voudrais. Mais je n’ai réussi qu’à m’obséder sur cette autre
relation, à penser tous les soirs à eux ensemble et moi toute seule. À focaliser sur tout ce qu’il a pu faire avec elle et n’a jamais fait avec moi. Et j’ai été dans une souffrance horrible. Sans
parvenir à avoir un instant de repos dans la journée ou la nuit (j’en faisais des cauchemars). Avec cette pensée unique qui revenait et obstruait tout le reste : je ne suis pas sa préférée, je ne
suis pas la seule, il en désire une autre, avec laquelle il réalise des rêves qu’il n’a pas avec moi. Je me suis tellement bourrée le mou toute seule que j’ai fini par le haïr pendant des heures,
crachant tous mes reproches dans ma tête comme s’il était face à moi, le détestant pour le mal qu’il me faisait. Alors que je me faisais mal toute seule comme une grande...
J’appréhende les retrouvailles, j’ai peur de tout gâcher encore une fois, de pourrir la relation par mes blessures immenses et non refermées dont les autres sont l’éternel prétexte à les rouvrir
au lieu de trouver comment parvenir à les refermer.
Peut-être que peu à peu je bascule doucement dans la folie.
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